DIEU EST AMOUR.

Dossier de la pièce composé par l'auteur

 Sacrée Comédie

ORIGINE DU PROJET

Nous sommes sortis mes deux comédiens et moi-même d’une même formation de théâtre (la classe supérieureDieu 2.jpg du QG), et parallèlement d’une pièce que nous avions montée avec neuf autres compagnons de scène (Ahmed, se fâche,  d’Alain Badiou).  Adeline Sidler, Maxime Peyron et moi avons eu l’envie de continuer à travailler ensemble, portés par l’amitié et  l’inspiration mutuelle que nous nous procurons. De plus, voilà quelques temps que je mijotais mon désir d’écrire une pièce pour adulte, après avoir écrit pour les enfants. L’écriture leur a plu, le projet tout autant.

Un trublion de talent nous a rejoints pour la mise en scène, Julien Giustiniani, comédien et metteur en scène dopé au rythme qui pulse et au café.

Je voulais nous offrir une pièce qui traite d’un thème important, lourd (la religion), mais de manière légère et démystificatrice.

LA PIECE

Charlotte Cagot rencontre Constantin De Lanouille un soir d’été et en tombe subitement amoureuse. Pour régler le problème, ils vivent ensemble jusqu’à la fin de leur vie et font un rejeton. Mais leur bonheur conjugal est perturbé par la folie du monde extérieur. Charlotte, religieuse assidue jusqu’au saugrenu en perd la Foi. Ils décident alors d’inviter à diner le créateur de ce Monde et de le zigouiller, ni plus ni moins, afin de remettre de l’ordre dans le désordre, ou le contraire.

Mais Dieu est une idée tenace.

Une pièce autour de la religion, mais tout sauf religieuse

L’histoire est née du désir de s’amuser avec le sujet de la religion, prendre en vrac toutes les croyances et les mettre dans le même panier, non pas les confronter mais les ramener à leurs origines et fondements communs. C’est le cas notamment avec le personnage de Charlotte Cagot, qui s’adonne à toutes les pratiques religieuses dans le désordre, jusqu’au nonsense et la contradiction.

La désacralisation est le mot d’ordre de la pièce, son objectif suprême et décomplexé. Elle n’est jamais pensée comme une provocation, mais comme une aération, l’envie pure et simple de prendre les jouets des religions, et de passer une heure à s’amuser avec. A l’heure où l’objet culturel, et particulièrement le théâtre, se voit pris pour cible par les intégristes de tout bord, il apparaît sain de s’approprier le Sacré et lui enlever sa majuscule. Dieu dans cette pièce est donc pleins de défauts, très limité, très humain.

La question de l’athéisme

Cette pièce n’a pas pour vocation d’être profondément athée, ni de prôner le message de ne pas croire. Elle est athée dans l’esprit, parce que l’auteur l’est et ne s’en cache pas. Mais la proposition est somme toute plus ouverte, et n’a aucune vocation moraliste. Dieu est amour triture allègrement le sujet de la pratique religieuse et celui de la Foi pour mieux les ramener à ce qu’ils sont et doivent rester, pour plus de sérénité entre les peuples : des considérations humaines, une réflexion.

Les spectateurs athées et croyants se retrouvent sur le plaisir pur et simple de rire, de s’amuser avec Dieu sans la peur de dire un mot de travers, de jurer, de pêcher, de mal interpréter, bref de le contredire.

Tout est permis dans le respect des peuples. Cette image de Dieu pot-pourri de toutes les religions se veut annihiler toute récupération et interprétation de l’une contre l’autre.

Le Jeu, moteur de l’enfance, et du théâtre

Il s’agit pour nous dans le jeu de ne jamais perdre de vue le sens premier du mot. Il s’agit bel et bien de retrouver dans l’interprétation la folie et le plaisir de s’amuser, avec les corps, les voix, les costumes, les décors, et investir l’espace de jeu de toute l’anarchie de l’imagination.

Les personnages

Les personnages sont un fourre-tout de symboles. Le couple représente le désarroi des hommes face à leur religion, de l’abnégation à la rébellion, en passant par la peur pure et simple de Dieu.

Dieu lui a toutes les tares et les contradictions des religions et des écrits religieux eux-mêmes : amour et violence, misogynie, diktat, poésie et mauvais goût… et une humanité totale dans son comportement.

Propos

Il est question de dire que rien n’est sacré, que l'on peut respecter sans pour autant se retenir de rire. Le procès des caricatures de Mahomet, le scandale de la pièce de Castellucci au théâtre de la ville, l’incendie des locaux de Charlie hebdo, nombreuses sont les affaires récentes qui portent hélas à croire qu’il y a des limites imposées par certains, là où elles n’ont pas lieu d’être, puisque il est question d’expression, de culture, et non d’irrespect. Sans avoir la prétention de se joindre courageusement à ce combat avec cette pièce, celle-ci dit simplement par son histoire même, que l’on peut tuer Dieu et le relever ensuite, parce que c’est une idée, et que c’est fait pour ça.

Après, on est là pour s'amuser.

EXTRAIT

« Constantin – On en reste là et on oublie tout, hein ? Vous êtes trop fort pour nous, et reconnaissez que vous n’y êtes pas allé de main morte. Vous devez freiner votre appétit du carnage. Un peu de compassion dans votre stratégie, où vous perdrez une part de votre électorat.

Dieu – C’est par l’exemple que l’on garde ses troupes en rangs serrés. Il faut que je revoie mes textes. Un peu de discipline par les textes, c’est plus efficace et moins trash qu’une exécution.

Constantin – Exactement.

Dieu – Une bonne petite série de nouveaux commandements. Un petit gavage d’oilles.

Constantin – Exactement. Installez-vous et écrivez-nous un de ces best-sellers dont vous avez le secret. Avec des tas de jolies choses à faire pour bien vivre et trouver le chemin de Vous.

Constantin – Un peu de terreur, un peu d’amour, je connais la recette sur le bout des doigts. Quelques promesses de vierges à poil…

Constantin – Bravo.

Dieu – Un peu de métaphores. Tenez. « Ne prend pas le chemin du hasard, tu n’y trouveras que tempête, car tu t’échoueras sur les récifs des limites du temps.  Regarde devant toi, tu y verras la terre, ne te retourne pas pour labourer, ou de ton champ ne poussera que dents-de-lion ».

Constantin – Voilà. Ça veut dire quoi ?

Dieu – Je n’en sais rien. Je mets des mots et ça fait des phrases. Ils trouveront, t’inquiètes pas. »

Les comédiens

MAXIME PEYRON
ADELINE SIDLER
KEVIN LIPKA

JULIEN GIUSTINIANI - Metteur en scène

FICHE ARTISTIQUE ET TECHNIQUE

DIEU EST AMOUR, de Kevin Lipka

Mise en scène : Julien Giustiniani

Distribution 

                      Adeline Sidler :              Charlotte Cagot

                      Maxime Peyron :           Constantin De Lanouille

                      Kevin Lipka :                   Dieu

Emprise de l’espace scénique :

                    Montage des décors, 20 mn

                    Durée de la pièce, 60 mn

                    Démontage des décors, 20 mn

Diffusion sonore : une bande son de plusieurs pistes est diffusée depuis la régie.

Eléments de décor : un vieux landau trafiqué, trois chaises, une table, un capharnaüm de vieilleries, un pupitre de jeu TV et ses buzzers, une pelle, une corde de pendu

La presse en parle

L’Est Républicain, 27 Janvier 2013

Vie du spectacle

Créé en 2013, Dieu est amour a été joué :

  • A la salle des fêtes de CHALIGNY (Lorraine) le 26 janvier 2013

  • Au Café de Paris, métro ménilmontant, PARIS, le 9 mars 2013